L’Exposition au Parvis de Saint Nazaire du 19 avril au 7 mai 2016

L’Exposition : Ensemble construisons la Terre à Saint Nazaire

Un même thème unit avec pertinence trois personnages François d’Assise, Teilhard de  Chardin et François Cheng, dans l’Exposition : Ensemble construisons la Terre, dans la Paix et l’Amour, présentée pour la quinzième fois, – depuis sa création en 2010, à Assise, – au Parvis de Saint Nazaire, du mardi 19 avril au samedi 7 mai 2016.

C’est l’injonction teilhardienne d’avoir à « construire la Terre » qui les unit dans une même vision ‘cosmologique’. Cosmologique, c’est à dire avec prise de conscience de l’univers comme système animé d’un mouvement vivant en convergence, où l’universel s’unit dans le personnel. C’est parce que nous sommes tous frères, enfants de Dieu, que la Création nous place en lien privilégié avec la Nature, en une dynamique qui donne sens à notre aventure. Cela s’exprime dans l’Amour de la Vie et donc en une foi en l’Avenir. François et Teilhard, se reconnaissent enfants de Dieu, ce Dieu personnel, paternel et aimant dans la vertu éminemment chrétienne qu’est l’espérance. Aussi, nous aident-ils à approfondir et à accomplir notre humanité au sein de la nature et de l’univers dont nous sommes partie intégrante : notre citoyenneté au sein de la ville, de la famille, des amis qui sont notre milieu ambiant.

La conscience humaine est en constante évolution. La création tout entière est appelée à faire acte d’intelligence durant cette longue évolution, c à d à réfléchir et à s’adapter à tous les éléments environnants dans l’univers tout entier, à se connecter aux possibles relations entre eux, c’est à dire à faire harmonieusement acte de culture : établir ou reconnaître les liens possibles entre les différents éléments qui composent la biosphère, établir leur corrélation, leur interrelation, leur plein développement, leur épanouissement final. Un arbre, un animal ou un homme, une femme, vivent et se développent toujours selon ce même schéma : naître, s’ouvrir à la vie et voir et connaître et se connaître en se connectant à la nature, afin de croître en elle et s’accomplir en prenant sa place en s’adaptant. C’est l’Amour et l’Intelligence qui donne sens et direction à ce schéma irréversible, immuable et en mouvement constant comme un hymne d’espérance, pour chanter la Gloire de Dieu, si on cherche à donner une signification à ce grand mouvement d’énergie qui avance depuis la création du monde.

 

Teilhard : «Nous commençons à vivre constamment en présence et avec la pensée de l’intégralité. Il n’y a rien de plus capital, du point de vue de l’énergie humaine, que l’apparence spontanée et la culture systématique « d’un sens cosmique ».

François et Teilhard croient et aiment le Christ, Fils de Dieu qui a pris chair humaine, Verbe Incarné, notre Voie, notre Vérité, notre Vie : Dieu d’Amour révélé par les Evangiles et en particulier par saint Jean et saint Paul. Teilhard dira clairement que pour s’identifier au Christ il faut devenir un homme, un bon citoyen, un être responsable, capable de s’ouvrir aux autres et d’aimer. Devenir un Homme dans la cité, en se respectant soi-même d’abord, la nature et les autres ensuite, le monde tout entier.

L’universalité de leur pensée les unit dans le Souffle divin qu’exprime le grand poète franco-chinois François Cheng dont les calligraphies exposées ainsi délivrent, à leur manière poétique le même message d’amour de la nature, de respect pour l’homme, de sens de la transcendance et de l’immanence. Le Souffle qui crée le monde et la vie en une cosmologie irrépressible. La transfiguration de l’esprit/matière dont nous sommes faits peut se transmuer en Esprit d’Amour grâce à nos consciences éclairées. Ce que saint François disait à sa manière, en son temps,  individuellement à l’intention de ses frères, en termes simples et directs : « commence par faire le nécessaire, puis fais ce qu’il est possible de faire et tu réaliseras l’impossible sans t’en apercevoir » Teilhard le dit en termes modernes, collectivement : « La force totale de l’évolution terrestre doit être une humanité solidaire où la pleine conscience de chaque individu s’appuiera sur celle de tous les autres hommes ». Nous sommes de plus en plus appelés à prendre conscience de notre universalité, à être plus actuels, plus ouverts, plus fraternels, plus œcuméniques, plus écologiques, comme nous y invite le Pape François. Voilà le chemin à suivre, l’énergie à trouver pour donner sens à la vie dans l’amour des êtres et des choses, en allant de l’avant dans la recherche de l’excellence, avec enthousiasme et ardeur. Un meilleur goût de la vie se trouve dans la plénitude de la vie vécue dans l’amour. Le véritable amour qui est d’abord une conscience de sa propre dignité et non une déchéance dans sa passivité, le véritable amour qui débouche sur un civisme fraternel et non sur le mépris ou le rejet de l’autre, le véritable amour de la vie qui est une manière d’être en harmonie avec la création et non en une consommation abusive de l’instant. Nous sommes tous appelés à vivre ensemble sur la Terre qui nous accueille, dans une solidarité fraternelle, dans l’énergie du Souffle divin, dans l’éclat de la Lumière de l’Esprit divin, en Amour de la Vie.

Grâce à nos émerveillements, à notre intelligence du monde, à notre conscience et à notre sens de la responsabilité, nous sommes tirés en haut et en avant. Grâce à la Beauté du Monde et à la Bonté du Vivant. Voilà le message que ces trois poètes, venus de loin, à plus de sept siècles d’intervalle, nous délivrent dans la joie de leur foi vivante en la Vie, en l’Absolu, en l’Amour. François, en renonçant à sa vie bourgeoise pour épouser dame Pauvreté, se mettait dans le flux d’amour mystique que Teilhard à son tour magnifiait en proclamant sa foi au Christ moteur de l’évolution, le Christ Eternel. Et François Cheng à sa manière, en disant : Quand je parle de réconciliation entre mes deux cultures, peut-être la calligraphie est là pour jouer ce rôle. C’est une manière pour l’homme de s’investir dans le signe. Et pour un écrivain comme moi, que ce soit un signe français ou un signe chinois ne fait pas de différence parce que c’est une cellule vivante. Je suis convaincu que l’homme est devenu un être de langage, habité par les signes. Sa mission est de dialoguer, pas seulement avec d’autres êtres humains, mais avec l’univers vivant en entier. C’est notre mission sur Terre, pour moi. …. Car , comme disait Teilhard, tout ce qui monte converge.

En nous appuyant sur ces grands maîtres, phares de l’humanité à la dérive, plus que jamais nécessaires pour nous éclairer dans les tempêtes que nous traversons, car la fraternité humaine s’appuie d’abord sur la fraternité avec la nature, avec les éléments, avec la fraternité cosmique. A travers cette unité et cet amour de la Création, la compréhension de la place de l’homme dans l’univers provoque une prise de conscience de notre responsabilité et de notre dignité. C’est ce sentiment qui peut permettre d’apaiser les conflits et créer une dynamique de paix fondée sur le respect, sur la responsabilité et sur l’amour, l’amour de la vie, l’amour de nos semblables, en grande fraternité humaine.              

vesciaremo@gmail.com

Remo VESCIA

Commissaire de l’Exposition

 

Président honoraire du Centre Européen Teilhard

 

www.teilhard-international.com

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